A l’automne 1944, les belligérants sont épuisés et,
les uns après les autres, les fronts semblent s’enliser dans une guerre de
positions où chacun tente de consolider les territoires acquis.
Gibraltar conquis par les forces de l’Axe, la
situation sur le front italien devient critique : la mer Méditerranée voit se dérouler une véritable guerre aéronavale alors que les Alliés acheminent péniblement le ravitaillement depuis l’Afrique du Nord. Les sacrifices consentis par les marins et aviateurs Britanniques permettent de subvenir aux besoins de l'Armée de De Lattre, mais ce dernier est contraint au gel
de l’offensive afin de ne pas épuiser ses faibles réserves face aux divisions de l'Axe qui sont solidement installées.
Dans l’Atlantique, les forces de l’Axe et les Alliés
s’affrontent durement. Les
Alliés tirent profit du potentiel industriel américain et tentent de combler
les pertes liées à la frappe nucléaire du 1er juin 1944, alors que l'Allemagne déploie de nouveaux U-boote équipés de nouvelles batteries électriques plus performantes et plus silencieuses qui leur permettent de reprendre le dessus sur la marine allée.
J'ai écrit ce récit il y a quelques temps, alors que Konflikt 47 venait tout juste d'être annoncé par Warlord Games.
Je m'étais alors amusé à imaginer quels événements auraient pu amener le conflit à se poursuivre au delà de 1945, alors même que l'Allemagne était sur le reculoir depuis 1943 et que, même si des victoires locales étaient parfois remportées, la chute du IIIème Reich était inéluctable.
Alors que j'avais failli tout envoyer dans la corbeille Windows, il y a de cela quelques mois, je me suis décidé à diffuser ce récit, qui puise dans les classiques de l'uchronie, et notamment dans la bande dessinée Block 109.
Au delà du simple divertissement, ce récit donnera peut-être naissance à des scénarios "exotiques" ?
Bien entendu, n'étant ni écrivain ni historien, je te prie, ami lecteur, de rester bienveillant à mon égard si tu constate des lourdeurs dans l'écriture, des inexactitudes ou des incongruités historiques, ou si tu trouves la trame quelque peu simpliste.
Aujourd'hui je ne serai pas long.
Je viens vous présenter mon armée Viêtminh, reçue ce jour, qui a été peinte par le sieur Maxson.
Vous pourrez découvrir les œuvres de cet artiste en visitant son blog.
Je ne peux que vous recommander ce monsieur, qui a fait un travail remarquable !
Maxson est quelqu'un de rigoureux, soucieux, efficace et respectueux des desiderata de ses clients.
Je souhaitais notamment une variété de verts afin d'éviter d'avoir une armée trop uniforme.
Je n'ai pas été déçu du travail final !
Mais assez causé, place aux images !
Vue d'ensemble de mes 58 viêtminhs
L'excellent travail de Maxson permet d'éviter l'effet "clones" malgré les doublons dans mes figurines
Un binôme de sapeurs et un canon sans recul
Mes armes d'appui : canon sans recul, mitrailleuse et mortier léger
Où est Charlie, le commissaire politique ?
Tiên lên ! Les valets des impérialistes n'ont qu'à bien se tenir !....
Dernièrement, j'ai décidé de relancer un projet laissé de côté depuis quelques temps : réaliser un LVT4 armé d'un canon de 40mm Bofors afin de fournir un appui feu conséquent à mes petits gars du CEFEO.
Une des rares photos de LVT 4 - Bofors en Indochine
Ce véhicule, dérivé d'un tracteur amphibie civil, est introduit dans le corps des Marines à la fin de 1940. Initialement cantonné à un rôle de soutien logistique il devient rapidement la bête de somme de l'USMC. A partir de 1950, les Etats-Unis livrent à nouveau du matériel militaire à la France qui déploie alors le LVT 4 en Indochine où il sera surnommé Alligator.
L'armement redoutable (2 mitrailleuses de 12,7 mm et 2 mitrailleuses de 7,62 mm) va être considérablement renforcé, puisque certains Alligator seront armés d'un canon de 40 mm Bofors sous blindage, avec 2 mitrailleuses de 12,7 mm coaxiales) afin d'appuyer au plus prêts les combattants à terre.
Il y a de quoi faire reculer les lisières de bois avec cette puissance de feu !
C'est cette version de l'alligator que j'ai décidé de fabriquer.
Le LVT4 et le canon de 40 sont tous deux disponibles chez warlord games, aussi je me suis facilité la tâche. Il me restait à créer le reste, en partant malheureusement d'une documentation quasi inexistante...
Heureusement, wargame et maquettisme sont deux cousins éloignés, mais cousins quand même...
J'ai donc pu m'appuyer sur 2 articles disponibles sur le web, un en langue française, publié chez les colleurs de plastique l'autre en langue tchèque, publié sur modelforum.cz. J'ai ainsi pu utiliser les photos pour réaliser mon modèle.
Alors que j'avais initialement travaillé sur carte plastique, je me suis dit hier soir que je pourrais essayer de modéliser le tourelleau en impression 3D...
Après une petite heure de travail sur 123Design, je me trouvais en possession d'un modèle plutôt correct.
Mais, comme en tactique le meilleur des plans ne résiste pas au premier contact avec l'ennemi, le meilleur fichier en .stl ne résiste pas à la première impression...
Aussi, c'est le cœur serré que je lançais la première impression.
Quelques minutes plus tard, mes inquiétudes s'étaient envolées et je contemplais mon imprimante finir son travail...
De gauche à droite : 2 pylônes, la partie haute du caisson, l'affût et ses servants, le système de visée, la partie basse du caisson, le montage canon-mitrailleuses
Je dois vous avouer que je n'étais pas peu fier du résultat, qui dépassait largement toutes mes espérances !
Pour ceux que les détails techniques intéressent, voici les détails de l'impression :
- impression avec une pression de 0.10mm
- épaisseur du blindage : 0.5mm
- pylône le plus large : 5 grammes de PLA, impression de 33 min
- bas du caisson : 2 grammes de PLA, impression de 20 min
- haut du caisson : 1 gramme de PLA, impression de 12 min
Il me reste désormais à peindre puis assembler tout cela avant de déployer mon reptile dans les rizières...
Voici quelques photos de l'assemblage à blanc.
Ça semble un peu bancal mais tout n'est que posé, aussi j'espère que le résultat final rendra honneur au travail de l'imprimante...
Previously on AMC in "the walking Yanks" ! (les fans de zombie comprendront...)
Spoiler:
Alors que Di Stefano fait progresser ses chars, une terrible menace apparaît sur son flanc gauche, sous la forme d'une pièce de Flak 36, dont les munitions haute vélocité de 88mm peuvent percer sans effort le blindage latéral des Sherman américains.
Un grand découvert, des fantassins bardés d'armes antichars retranchés en défensive,
une situation peu enviable pour ces tankistes...
Pour les équipages de blindés, il est désormais trop tard et seule une ligne d'arbres maigrichons s'interpose entre eux et le 88. Ils sont piégés et n'ont pas d'autre choix que de tenir leur position : avancer les mettrait à portée des panzerfausts et des panzerschrecks allemands, reculer signifierait abandonner les fantassins à découvert, sans appui...
Un deuxième coup de 88 passe en grondant au dessus du Sherman de tête, épargnant miraculeusement le blindé. La chance de Di Stefano est encore et toujours au rendez-vous puisque sitôt ce deuxième coup tiré, les artilleurs allemands abandonnent leur position, la soute à munitions étant désormais vide...
Les Sherman sont solidement implantés au centre du champ de bataille, fournissant un appui feu conséquent aux GI's qui progressent désormais à travers champs.
Le mortier se joint à la partie, sans grand résultat...
Les fantassins de Max ont fortifié la ferme, qui abrite un groupe de combat au grand complet.
Un second groupe s'est déployé à l'abri du muret, secondé par une équipe panzerschreck. Même si ces troupes n'ont ni l'expérience, ni l'entraînement, ni le fanatisme des SS ou des fallschirmjäggers, elles sont bien décidées à stopper l'offensive américaine...
Les tankistes US ont parfaitement identifié la menace prioritaire, et l'équipe panzerschreck repérée plutôt perd rapidement son pourvoyeur. Mais Georg Ackerman est décidé à venger son kamerad. Malgré les balles qui sifflent tout autour de lui, il ajuste son tir et frappe le Sherman le plus proche à son défaut de tourelle. Le char explose aussitôt, ne laissant aucune chance à son équipage...
La chance, telle la marée, aurait -elle tournée ? Di Stefano en est persuadé lorsque, au début du tour suivant, le panzerschreck est le premier à ouvrir le feu et que, malgré les statistiques (yes, Solo, I know you don't want to ear about the odds... les fans de Starwars me comprendront...), il parvient à immobiliser temporairement le second Sherman, sonnant l'équipage.
Pour les GI's, la situation est tendue : uniquement protégés par le champ de blé, ils subissent désormais les tirs de 3 groupes de combat, ainsi que d'une MG42 sur trépied qui vient de révéler sa position.
Di Stefano sait qu'il est désormais dans une phase critique: s'il veut remplir sa mission il lui faut faire fi des pertes et avancer coûte que coûte...
L'équipage du Sherman s'étant ressaisi, les mitrailleuses du blindé neutralisent enfin l'arme antichar, puis se tournent vers les fantassins allemands abrités derrière le muret. Les tirs combinés du char et des groupes de combat finissent d'avoir raison du moral des soldaten, qui abandonnent leurs morts et blessés et fuient le champ de bataille.
Her Max verrouille l'axe routier à l'aide d'un groupe abrité dans le verger, sur la droite de la route, et d'une seconde équipe panzerschreck embusquée, hors de portée, derrière la ferme normande.
Une percée avec le blindé est impossible, Di Stefano doit donc compter sur son infanterie pour remporter la partie.
Progressant en appliquant un feu roulant, les fantassins américains continuent de subir des pertes. L'attaque risque de s'enliser rapidement... Aussi, dans une tentative héroïque de redonner de l'élan à ses hommes, le lieutenant Moore s'élance à découvert et progresse vers l’en-but.
Débordés sur leur flanc, les fantassins allemands abandonnent leurs positions et se replient.
Les GI's ont remporté le combat.
Hébété, épuisé, Di Stefano pose son casque et s'allume difficilement une cigarette. Ce premier choc a été terrible et les Allemands se sont battus comme des diables. Son regard balaye la plaine alors qu'il compte les survivants parmi ses hommes, qui ont payé cher le droit d'être des vétérans. Alors, du fond de sa mémoire lui revient cette citation du duc de Wellington : "Rien, sinon une bataille perdue, n'est aussi mélancolique qu'une bataille gagnée"... A quelques centaines de mètres de là, Her Max contemple à travers ses jumelles le Sherman détruit par Ackerman quelques minutes plus tôt. Il a le sentiment d'avoir vécu un siècle... Ses hommes ont combattu valeureusement mais les pertes sont lourdes et elles se feront cruellement sentir dans les jours qui viennent. La mort l'a frôlée de près aujourd'hui, mais elle a décidé de l'épargner. Cependant, il ne sait pas s'il faut s'en réjouir, tant les heures à venir lui semblent encore bien sombres...
Epilogue
La première page de cette campagne se tourne, et quel que soit le camp qui était joué, la victoire n'était pas acquise et devait être littéralement arrachée des mains de l'adversaire.
Je ne pense pas vous mentir en vous disant que mes joueurs ont pris énormément de plaisir à jouer cette partie, et qu'ils ont hâte d'écrire un nouveau chapitre !
Max a subi des pertes sévères : le seul PaK 38 de la campagne, une équipe panzerschreck et un groupe de combat complet. Heureusement pour lui, la chance ne l'a pas quitté à la fin de la partie et ses 2 groupes survivants seront recomplétés à 100% pour la seconde partie (deux 6 obtenus lors des 2 lancers de dés...).
L'histoire retiendra que "la chance est la maîtresse de la moitié de nos actions, et nous en laisse presque gouverner l'autre moitié" (une surprise sera transmise par mail au premier qui poste en commentaire le nom de l'auteur de cette citation).
Chose promise chose due, voici le CR de la première mission de la campagne "29 let's go !" dont je vous parlais très récemment.
En préparant ce CR, je me suis demandé comment faire pour restituer cette soirée sans pour autant dévoiler tous les secrets de cette campagne, qui en font tout le charme. En effet, il y a certains aspects qu'il vaut mieux que vous ignoriez si vous souhaitez la jouer... J'ai donc intégré un petit bouton permettant de masquer les passages qui divulguent un peu trop de détails à mon goût. Libre à vous de choisir de les lire, ou pas.
Bonne lecture à tous !
Nous avions laissé la 29e DI US alors qu'elle quittait la zone d'Omaha et commençait sa progression.
Dans ce premier scénario, le 175ème Régiment d’Infanterie US fait face à la première résistance
sérieuse au cours de son avancée.
Si chaque joueur connaît la constitution du noyau des forces de son adversaire, il ignore quels renforts ce dernier a choisi et il en restera ainsi jusqu'à ce que toutes les unités soient déployées sur le terrain...
Her Max (le joueur allemand, pas la chaussure de sport !) doit déployer au moins 50% de ses unités, à 12'' maximum de son bord de table, et peut exécuter un déploiement caché, avec quelques différences notables par rapport à la règle officielle :
- les unités sont remplacées par des marqueurs tant qu’elles sont
cachées ;
- le joueur reçoit 1 marqueur leurre pour 2 unités déployées ;
- les leurres sont retirés lorsque toutes les unités cachées ont été
révélées.
Di Stefano, joueur US tout droit débarqué de Brooklyn, démarre la partie hors table et doit constituer sa première vague avec au moins 50% de ses unités. Ses véhicules ne peuvent entrer sur table que par la route, au rythme d'un véhicule par tour.
Pour remporter la partie, il doit réussir à faire sortir au moins une de ses unités par le bord de table du joueur allemand qui sera alors contraint de se replier sur sa seconde ligne de défense.
Afin de rajouter un peu de tension (et accessoirement parce que je devais me lever tôt le lendemain), je décide d'ajouter un petit point de règlement supplémentaire :
- la partie ne se jouera pas au nombre de tours, mais en temps contraint de 2h30;
- Her Max dispose de 60 secondes à chacun de ses dés pour décider quelle unité activer et annoncer quel ordre il lui donne
- la montre jouant contre lui, Di Stefano n'a aucune contrainte de temps...
Début de la partie, Max décide de déployer 7 de ses unités et reçoit donc 3 leurres en plus . Il déploie donc 10 marqueurs sur table, même s'il ne bénéficie toujours que de 7 dés. Libre à lui de tromper son adversaire en donnant des ordres à des leurres... Son déploiement reste classique, en ligne, derrière les couverts.
Quelle menace se cache derrière ces marqueurs ?
Premier tour: Di Stefano déploie ses premières troupes, dont un Sherman, le mortier de 81mm et son observateur. Utilisant les couverts avec soin, il progresse sur les deux ailes, laissant la composante mécanisée gérer le centre de la table.
Il sait que la route est longue et qu'il ne doit pas perdre de temps, aussi il profite de la profondeur de champ pour progresser rapidement...
Pendant ce temps-là, les Allemands se mettent en embuscade, se préparant à subir le choc...
Second tour, les choses sérieuses commencent :
- le mortier de 81 commence à arroser sérieusement les alentours de la maison normande qui semble abriter du lourd;
- le Sherman rejoint la partie et arrose copieusement la zone avec ses mitrailleuses.
En effet, si un tir occasionne une touche sur une unité cachée, le marqueur sera révélé.
La chance est du côté allié en ce matin du 7 juin 1944 : non seulement le char réussit à toucher sa cible, dévoilant un Pak 38, mais la rafale de mitrailleuse tue le tireur, réduisant au silence l'arme antichar...
Les hommes de Max, de leur côté, savent qu'ils doivent courber l'échine jusqu'à ce que l'ennemi approche à portée de leurs armes. Alors ces maudits yankees verront que la victoire n'est pas acquise...
La neutralisation du canon antichar dès le début de l'offensive laisse craindre une sérieuse déroute pour Max, même s'il dispose encore de 2 équipes panzerschreck et d'un panzerfaust par groupe...
Spoiler:
Comme l'impose le scénario, le joueur US a dû consacrer une partie de ses points à l'achat de 2 Sherman. Di Stefano décide de pousser plus avant et positionne ses chars vers le milieu de la table afin de pouvoir prendre sous ses feux la totalité de la ligne de défense allemande.
Mais c'est sans compter sur la situation générale autour de La Cambe. En effet, ce secteur est l'ancienne zone d'implantation du Flak-Sturm Regiment 1 et quelques canons de 88mm sont encore actifs dans le secteur. Une de ces pièces est justement implantée à proximité, et elle dispose d’un secteur de tir, certes limité, sur la zone des
combats. Ainsi, la pièce peut engager des véhicules, mais pas d’unité
d’infanterie, bien qu’elle soit implantée hors table et donc hors de portée de la force US.
Max peut faire appel à cette redoutable pièce antichar deux fois durant la partie, à n'importe quel moment, sachant qu'elle tirera sans malus de portée...
view obscured: la cible bénéficie d'un couvert léger
view badly obscured : la cible bénéficie d'un couvert lourd
Alors qu'un des Sherman positionné au centre se prépare à recevoir un ordre, Her Max décide d'interrompre son adversaire, malgré ses protestations véhémentes, et de faire tirer son 88. La surprise est totale pour Di Stefano qui, impuissant, découvre que son élément blindé est dangereusement exposé, à peine protégé par quelques arbres bien minces...
Heureusement pour lui, sa chance légendaire ne l'a pas quitté et le tir passe au dessus de son premier Sherman qui, perdu pour perdu décide d'avancer...
Fin de la première partie du CR, la suite très prochainement !...