mardi 3 avril 2018

L'histoire parallèle : épisode IV


OPERATION BLOODY DAGGER

Durant la nuit du 14 au 15 novembre 1944, profitant d’une nuit sans lune, une armada décolle de plusieurs aérodromes situés sur les côtes orientales de l’Ecosse et fait route cap à l’ouest. Plus de 200 C47 Dakotas transportent près de 3000 commandos vers leur destin…


Il aura fallu moins d’un mois pour finaliser le raid qui doit frapper Peenemünde.
Très rapidement, la solution des bombardements aérien est écartée : le raid de 1943 a montré qu’il fallait totalement éradiquer les scientifiques afin de stopper le programme nazi. Le raid prendra donc la forme d’une opération combinée aéro-maritime.

Afin de couvrir cette opération, l’US Air Force et la RAF doivent conduire une mission de sacrifice en exécutant une série de raids sur Berlin afin d’attirer la chasse allemande, saturer les réseaux radars et monopoliser l’attention de l’Etat Major allemand. Les blocs de bombardiers voleront plusieurs milliers de mètres au-dessus de la flotte de C47, qui évoluera au ras des flots.


Une première force sera larguée directement sur le site, sans soutien et à très basse altitude. Les alliés disposent pour cela d’un tout nouveau modèle de parachute qui permet non seulement d’effectuer des largages à tout juste 100m d’altitude, mais également à plus grande vitesse.
Larguer des paras à cette altitude n’est pas sans risque, mais les hommes se sont entraînés durement, et cette mission est exécutée sans idée de retour…

Une seconde force, plus réduite, profitera du chaos semé par les paras pour forcer la rade, à la manière du raid exécuté sur Saint Nazaire, en utilisant un navire suédois récemment « capturé » malgré la neutralité de ce pays. Cette force débarquera au cœur du dispositif ennemi et se répandra dans les infrastructures sous-terraines. Elle devra détruire les laboratoires de recherche et exterminer les scientifiques nazis.  



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ETAIT NOIRE LA NUIT, ETAIT ROUGE LE FEU

Le 15 novembre à 1 heure locale, la première vague de parachutistes est larguée à la verticale de la base de Peenemünde, bientôt suivie de 3 autres vagues. L’altitude extrêmement basse et la diversion des bombardiers ont joué leur rôle : les pertes sont minimes, à peine 12% des aéronefs ont été abattus par la DCA.

Au sol, un seul mot d’ordre : semer le chaos. Répartis en équipes autonomes de 15 hommes, armés de nombreuses armes automatiques, de bazookas, de lance-flammes et d’explosifs, les commandos engagent le combat contre les SS de la division Totenkopf qui défendent le site.



Dans la nuit noire, les combats font rage et sont sans pitié. Les commandos savent que de leur combat dépend le salut du monde libre. Aussi, ils sèment la mort autour d’eux, réduisant les positions fortifiées, minant les axes routiers et détruisant les infrastructures à leur portée.

Plusieurs sticks ayant atterri directement dans les camps de prisonniers, ils neutralisent les gardes et libèrent les malheureux, espérant obtenir de l’aide des travailleurs forcés. Malheureusement la grande majorité des prisonniers sont trop faibles pour être d’une aide quelconque et seuls les derniers arrivés se décident à aider les paras alliés, préférant mourir l’arme à la main, en hommes libres, que sous la schlague des kapos et des SS.


Alors que les combats s’intensifient et que les défenseurs se focalisent sur les paras, la masse noire du cargo suédois « Sundsvall » fond dans la nuit et vient s’échouer à l’entrée du port. De ses flancs surgissent près d’un millier commandos qui neutralisent rapidement les défenses portuaires. Plus tard, les historiens découvriront que le chaos ambiant a empêché le commandement de la base d’être informé de la menace, scellant le sort de plusieurs centaines de scientifiques et techniciens allemands qui s’étaient réfugiés dans le gigantesque complexe sous-terrain.

Sitôt débarqués, les commandos parviennent facilement à forcer les entrées de la base et se répandent dans les profondeurs du complexe sous-terrain. Ne possédant aucun plan précis des installations, ils progressent au hasard, neutralisant les résistances rencontrées. Animés par une rage sourde, les commandos ne font pas de prisonniers. Ils savent que seuls les individus ayant une certaine importance pour le programme nucléaire ont l’autorisation de résider au sein de la base.



Les combats durent plusieurs jours mais épuisés, à court de vivres et de munitions, n’ayant aucune possibilité de repli, les commandos finissent par succomber sous le nombre. Les dernières poches de résistance tombent le 23 novembre, après que les SS aient dévié un canal pour noyer les étages inférieurs du complexe.

Les SS se préparent à contre attaquer...
Sur le plan stratégique, l’opération Red Dagger est une réussite : le complexe de Peenemünde est anéanti, la quasi-totalité des scientifiques et des spécialistes nazis de l’atome ont été tués. Le monde libre est désormais à l’abri de nouvelles frappes atomiques.

Mais à quel prix ! Des 3960 hommes qui participent au raid de Peenemünde, moins d’une vingtaine parviendront à rejoindre l’Angleterre, parfois après plusieurs mois de cavale. Or, ces combattants étaient les plus aguerris de toutes les armées alliées et, sur le théâtre européen, leur perte se fera rudement sentir dans les mois qui viennent…

Monument aux commandos de Spean Bridge près d'Achnacarry en Écosse

Fin de l'épisode IV, un nouvel espoir ?...

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